Définitions synthétiques. Glossaire non exhaustif, en constante évolution.
A • B • C • D • E • F • G • H • I • J • K • L • M • N • O • P • Q • R • S • T • U • V • W • X • Y • Z
A
Actif numérique (Digital asset) : Instrument numérique émis ou représenté en utilisant la technologie des registres distribués ou une méthode similaire, excluant les monnaies numériques.
Agrégation de comptes : service permettant de consulter sur une interface unique l’ensemble de ses comptes bancaires et financiers détenus auprès de plusieurs institutions, grâce à des connexions sécurisées (souvent via des API).
Agency banking : modèle de distribution où des agents de proximité (commerçants, points de vente locaux) appelés “agents bancaires” fournissent, pour le compte d’une institution financière agréée, des services de base (ouverture de compte simplifiée, dépôts, retraits, paiements), étendant ainsi la portée de ces services dans les zones mal desservies.
API (Application Programming Interface, Interface de programmation d’application) : Ensemble normalisé de fonctions et de protocoles qui permet à des logiciels de communiquer entre eux. Les API ouvertes autorisent des tiers à accéder de manière sécurisée aux données ou services d’une institution (avec consentement du client) afin de développer de nouvelles applications ou services.
Apprentissage automatique (Machine Learning) : Branche de l’intelligence artificielle permettant aux systèmes d’analyser de vastes volumes de données pour identifier des tendances et optimiser des processus financiers de manière autonome.
Authentification forte : Procédure de vérification de l’identité d’un utilisateur qui requiert au minimum deux éléments d’identification distincts (par exemple, un mot de passe et un code envoyé sur le téléphone), renforçant la sécurité d’accès aux services en ligne et des opérations de paiement. L’authentification forte est notamment exigée par des réglementations récentes en matière de paiements électroniques, telles que la DSP2 dans l’Union Européenne.
B
Bac à sable réglementaire (regulatory sandbox): Dispositif encadré par un régulateur permettant à des entreprises innovantes de tester de nouveaux produits, services ou modèles financiers dans un environnement contrôlé et pendant une durée limitée, avec des exigences réglementaires allégées, afin de recueillir des preuves avant une éventuelle généralisation.
Banque en ligne : Service bancaire accessible via Internet (site web ou application mobile) offrant la réalisation d’opérations bancaires courantes à distance (consultation de solde, virements, gestion de comptes), sans nécessiter de déplacement en agence physique.
Banques traditionnelles : Établissements bancaires installés de longue date, disposant généralement d’agences physiques et d’une infrastructure classique, par opposition aux nouveaux acteurs numériques. Les banques dites traditionnelles offrent l’éventail complet des services bancaires, tout en étant soumises à une forte régulation et à des systèmes hérités plus lourds à faire évoluer.
BaaS (Banking as a Service) : modèle dans lequel une institution financière autorisée fournit, via des API, son infrastructure technologique et ses services bancaires (paiements, gestion de comptes, etc.) à des fintechs ou d’autres entreprises non bancaires, leur permettant d’intégrer ces services financiers dans leurs propres offres sous leur marque.
Big Data : grands volumes de données, souvent non structurées, dont l’analyse permet de dégager des modèles utiles au profilage et à la gestion des risques. Dans les services financiers, le big data est exploité pour mieux comprendre le comportement des clients, affiner le scoring de crédit, ou encore détecter des fraudes.
Big Tech : grandes entreprises technologiques généralistes (par exemple Google, Apple, Facebook/Meta, Amazon) qui, grâce à leur base d’utilisateurs massive, leur maîtrise des données et des technologies, étendent leurs activités vers les services financiers (paiements, crédit, assurance), brouillant la frontière entre la technologie et finance traditionnelle.
Biométrie : technologie d’identification et d’authentification fondée sur les caractéristiques physiques ou comportementales uniques d’un individu (telles que les empreintes digitales, la reconnaissance faciale, l’iris de l’œil ou la voix), de plus en plus utilisée pour sécuriser l’accès aux services financiers et valider des transactions de manière fiable.
Blockchain (chaîne de blocs) : technologie de registre distribué consistant en une base de données partagée entre de multiples participants, structurée en une suite de blocs de transactions chaînés et sécurisés par cryptographie. Cette structure garantit l’intégrité et la traçabilité des enregistrements sans autorité centrale, et sert de fondation aux cryptomonnaies et autres applications décentralisées.
BNPL (Buy Now, Pay Later) : forme de crédit à la consommation de court terme permettant à un client d’échelonner le paiement d’un achat en plusieurs échéances (souvent sans frais si les échéances sont respectées), le plus souvent directement proposé lors d’un achat en ligne ou en magasin, et devenu populaire comme alternative aux cartes de crédit classiques pour financer des achats immédiats.
C
Carte virtuelle : carte de paiement dématérialisée dont les informations (numéro, date d’expiration, cryptogramme) sont générées pour un usage en ligne ou un usage unique. Elle est liée à un compte ou à une carte réelle mais n’existe pas physiquement, ce qui renforce la sécurité des paiements en évitant d’exposer les véritables données de carte de l’utilisateur.
Cloud banking : utilisation de l’informatique en nuage (cloud computing) par les banques pour héberger leurs données, applications et infrastructures informatiques. Cette externalisation vers des serveurs distants gérés par des fournisseurs spécialisés vise à améliorer la flexibilité, la rapidité de déploiement et la capacité d’innovation des banques, tout en posant des enjeux de sécurité et de conformité des données.
Crypto-actif : actif numérique s’appuyant sur la cryptographie et généralement sur un registre distribué (blockchain) pour assurer son émission et la validation de ses transactions, sans recours à une autorité centrale. Les crypto-actifs regroupent les cryptomonnaies (qui ont vocation à servir de monnaie d’échange, ex : Bitcoin) mais aussi d’autres types de jetons numériques pouvant représenter des actifs, des droits ou des utilités diverses.
Cryptomonnaie : monnaie numérique de pair-à-pair, émise de manière décentralisée sans l’intervention d’une banque centrale, et dont le fonctionnement repose sur la technologie blockchain et la cryptographie. Une cryptomonnaie permet à ses utilisateurs d’envoyer, de recevoir et de stocker de la valeur de façon sécurisée sur un réseau informatique distribué (exemples : Bitcoin, Ethereum).
Cybersécurité : ensemble des mesures techniques, pratiques et dispositifs organisationnels visant à protéger les systèmes d’information, les réseaux et les données contre les cyberattaques, les intrusions ou les utilisations non autorisées. Dans le contexte financier, la cybersécurité comprend notamment la protection des plateformes de banque en ligne et mobile, des bases de données clients, et la prévention de fraudes numériques.
D
Données comportementales : Données numériques reflétant les comportements et habitudes d’un individu, telles que l’historique d’achats, les modèles de dépenses, la fréquentation des sites ou applications, ou encore l’usage du téléphone. Dans la finance numérique, ces données comportementales peuvent être exploitées pour affiner le scoring de crédit alternatif, personnaliser des offres financières ou détecter des comportements anormaux indiquant une fraude.
DSP2 (Deuxième Directive sur les services de paiement) : Directive européenne n°2015/2366, entrée en vigueur en 2018, qui modernise le cadre des paiements en Europe. La DSP2 a notamment introduit l’open banking (en obligeant les banques à ouvrir l’accès aux données de comptes et au déclenchement de paiements à des tiers agréés, avec consentement des clients) et renforcé la sécurité des transactions en ligne via l’authentification forte des clients.
DSP3 (Troisième Directive sur les services de paiement) : Initiative législative en cours d’élaboration au niveau de l’Union européenne (années 2023-2025) visant à adapter la régulation des services de paiement aux nouvelles innovations et usages (paiements instantanés, crypto-actifs, nouvelles fintech) et à renforcer la protection des consommateurs. La DSP3 devrait mettre à jour et compléter les dispositions de la DSP2 pour tenir compte de l’évolution rapide du secteur des paiements numériques.
E
Éducation financière numérique : Initiatives et programmes visant à former les utilisateurs (surtout novices) à la compréhension et à la bonne utilisation des services financiers numériques. Cela inclut l’apprentissage des fonctionnalités des comptes mobiles ou en ligne, la sensibilisation à la sécurité (protéger ses codes, éviter les arnaques), la gestion responsable de son argent via des outils digitaux, afin que chacun puisse tirer pleinement profit des innovations financières tout en évitant les pièges.
Établissement de Monnaie Électronique (EME) : Institution financière non bancaire agréée spécifiquement pour émettre de la monnaie électronique et fournir des services de paiement associés. Un EME collecte les fonds des utilisateurs et crée en contrepartie des unités de monnaie électronique de valeur équivalente, gère les comptes électroniques et assure les opérations (transferts, paiements) liées à ces unités. Dans la zone UMOA, les opérateurs de mobile money opèrent souvent via un EME agréé par la banque centrale.
Épargne numérique ou épargne digitale : Solutions permettant d’épargner de l’argent via des canaux numériques, souvent avec des montants flexibles et de manière automatisée. Il peut s’agir par exemple de comptes d’épargne accessibles sur mobile money ou via des applications fintech, où l’utilisateur peut mettre de côté de petites sommes de façon régulière (arrondis d’achats, micro-dépôts) ou souscrire à des produits d’épargne en ligne (livrets d’épargne gérés 100 % en ligne, placements via robo-conseiller, etc.).
F
Finance décentralisée (Decentralized Finance, DeFi) : Écosystème de services financiers construits sur des réseaux blockchain publics (souvent via des contrats intelligents) et fonctionnant sans intermédiaires traditionnels. La DeFi offre des alternatives ouvertes aux services classiques (épargne, prêt, échange d’actifs, assurance) en permettant à tout utilisateur d’interagir directement en pair-à-pair via des protocoles décentralisés, ce qui pose de nouveaux enjeux de régulation et de gestion des risques.
FinTech (technologie financière) : terme issu de la contraction de finance et technology, désignant les entreprises innovantes ou les nouvelles applications technologiques qui visent à transformer ou améliorer les services financiers existants. Les fintech couvrent une variété de secteurs (paiements mobiles, financement participatif, néobanques, cryptomonnaies, etc.) en utilisant des technologies modernes (applications mobiles, intelligence artificielle, cloud) pour offrir des services plus efficaces, accessibles ou moins coûteux que la finance traditionnelle.
Finance embarquée (embedded finance) : intégration directe de services financiers (paiement, prêt, assurance, épargne, etc.) au sein de produits ou plateformes non financiers. La finance embarquée permet à un utilisateur d’accéder à un service financier en cas de besoin dans son parcours sur une plateforme principale : par exemple, un service de paiement ou de crédit proposé directement sur un site e-commerce, sans devoir passer par une banque séparément.
Financement participatif (crowdfunding) : méthode de financement de projets par le grand public via une plateforme en ligne, contournant les circuits financiers traditionnels. Un porteur de projet (entreprise, association ou individu) collecte de multiples contributions de particuliers intéressés, pouvant prendre la forme de dons, de prêts (prêt participatif), ou de prises de participation au capital. Le financement participatif élargit l’accès au financement pour des projets créatifs ou entrepreneuriaux, en s’appuyant sur la communauté d’internautes.
G
H
I
Identité numérique : ensemble des attributs et informations permettant d’identifier de façon unique une personne sur les systèmes informatiques et en ligne. L’identité numérique peut être fournie par des documents électroniques officiels (cartes nationales d’identité biométriques, identifiants uniques) ou construite à partir de données personnelles vérifiées. Dans les services financiers, une identité numérique fiable (souvent adossée à une base de données gouvernementale ou à la biométrie) facilite le KYC à distance et l’inclusion financière en permettant aux individus de prouver qui ils sont pour ouvrir des comptes ou effectuer des transactions en ligne.
Inclusion financière numérique : Fait pour les populations exclues ou mal desservies par le système financier traditionnel d’accéder et d’utiliser, grâce aux technologies numériques, une gamme de produits et services financiers adaptés et abordables. L’inclusion financière numérique repose sur des outils comme le mobile money, la banque en ligne ou les paiements mobiles pour toucher les zones ou segments où les banques sont peu présentes. Elle se mesure par exemple par le taux de personnes possédant un compte de paiement électronique ou utilisant un service financier numérique, et vise à autonomiser ces personnes en leur offrant des solutions d’épargne, de crédit, d’assurance, etc.
InsurTech technologie d’assurance : Secteur des fintech spécialisé dans l’assurance, englobant les startups et solutions technologiques qui réinventent la conception, la distribution et la gestion des produits d’assurance. L’insurtech recouvre par exemple des applications de souscription en ligne simplifiée, des modèles d’assurance à la demande, l’usage de données et d’algorithmes pour affiner la tarification des risques, ou encore des plateformes facilitant la comparaison et l’achat de contrats d’assurance par les consommateurs.
Intelligence artificielle (IA) : ensemble de technologies permettant à des systèmes informatiques de simuler des fonctions cognitives humaines (comme l’apprentissage, le raisonnement ou la prise de décision), notamment par l’analyse de données massives et l’automatisation de tâches complexes. L’IA peut ainsi “poser des questions, trouver et tester des hypothèses, prendre des décisions de manière automatique” (ou, du moins, donner l’impression d’effectuer toutes ces actions).
Interopérabilité : Capacité de différents systèmes ou réseaux à fonctionner ensemble et à échanger des données ou des transactions de manière transparente. Dans les services financiers numériques, l’interopérabilité permet par exemple qu’un utilisateur de mobile money sur un réseau X puisse envoyer de l’argent vers un utilisateur d’un réseau Y, ou qu’une carte bancaire d’une banque A fonctionne sur le distributeur d’une banque B. Des plateformes d’interconnexion sont souvent mises en place au niveau national ou régional pour garantir cette interopérabilité entre prestataires, améliorant ainsi l’efficacité du système et l’expérience utilisateur.
J
K
KYC (Know Your Customer) « Connaissance du client » : Ensemble des procédures par lesquelles une institution financière vérifie l’identité de ses clients et recueille des informations sur eux lors de l’établissement de la relation d’affaires et tout au long de celle-ci. L’objectif du KYC est de s’assurer que le client est bien celui qu’il prétend être et d’évaluer les risques liés à ce client (blanchiment, fraude, etc.), en conformité avec les obligations réglementaires. Concrètement, le KYC implique la collecte de documents d’identité, de justificatifs (adresse, revenus) et la vérification de ces données, de plus en plus via des moyens numériques (voir e-KYC).
KYB (Know Your Business) « Connaissance de l’entreprise » : variante du KYC appliquée aux clients entreprises. Le KYB désigne les procédures de vérification qu’effectuent les institutions financières sur les sociétés (et leurs bénéficiaires effectifs) avant de leur fournir des services financiers. Il s’agit de confirmer l’existence légale de l’entreprise, d’identifier ses dirigeants et propriétaires, de comprendre la nature de ses activités et d’évaluer les risques de blanchiment ou de corruption associés.
L
M
Machine Learning : voir Apprentissage automatique.
Micro-épargne : Forme d’épargne consistant à mettre de côté de très petits montants de manière fréquente, souvent grâce à des mécanismes automatisés ou incitatifs sur mobile. La micro-épargne est facilitée par les services numériques qui permettent d’épargner quelques centimes ou quelques francs à la fois (par exemple arrondir chaque dépense et épargner la différence), ce qui aide les personnes à revenu modeste à constituer progressivement une épargne de précaution ou de projet sans effort excessif.
Mobile money : Service de porte-monnaie électronique accessible via un téléphone portable (smartphone ou téléphone de base par USSD) qui permet à un utilisateur de stocker de la valeur en monnaie électronique, d’effectuer des dépôts d’argent, des retraits en espèces auprès d’agents, des transferts de personne à personne, et des paiements divers, le tout sans compte bancaire traditionnel. Le mobile money est généralement un service proposé par des opérateurs télécoms ou des fintech disposant d’une licence d’Établissement de Monnaie Électronique.
Monnaie électronique : Valeur monétaire stockée sous forme électronique, émise en contrepartie de la réception de fonds équivalents et acceptée comme moyen de paiement par des tiers. La monnaie électronique est émise par des EME ou des banques agréées, et se matérialise typiquement dans les comptes de services comme le mobile money, les cartes prépayées ou les porte-monnaie en ligne. Elle est convertible à tout moment en monnaie fiduciaire (espèces) sur demande du détenteur.
Monnaie numérique : terme générique désignant toute forme de monnaie qui n’existe que sous forme digitale et n’a pas de support physique tangible. Une monnaie numérique peut être centralisée (émise par une entité identifiable, comme une banque centrale ou un opérateur) ou décentralisée, mais elle se caractérise toujours par des échanges et un stockage s’effectuant via des systèmes informatiques.
Monnaie numérique de banque centrale (MNBC) (Central Bank Digital Currency, CBDC) : version numérique de la monnaie fiduciaire émise et garantie par une banque centrale, ayant cours légal au même titre que les pièces et billets. Une MNBC est une créance directe sur la banque centrale, stockée dans des formats électroniques (compte numérique, jeton numérique sécurisé) et pouvant être utilisée par le public pour effectuer des paiements. Les projets de MNBC peuvent être de détail (accessibles à tous, par exemple un « e-CFA ») ou de gros (réservés aux institutions financières), et visent à moderniser les systèmes de paiement, favoriser l’inclusion financière ou répondre à la concurrence des cryptomonnaies et stablecoins privés.
MiCA (Markets in Crypto-Assets) règlement sur les marchés de crypto-actifs : Règlement de l’Union Européenne adopté en 2023 qui crée un cadre juridique harmonisé pour les crypto-actifs. Le MiCA définit les règles auxquelles doivent se conformer les émetteurs de jetons (notamment les émetteurs de stablecoins référencés à des actifs ou de monnaie électronique tokenisée) et les prestataires de services sur crypto-actifs (plateformes d’échange, prestataires de portefeuilles, conseillers en investissements en crypto-actifs, etc.). L’objectif est de protéger les investisseurs, de prévenir les abus de marché et d’assurer la stabilité financière, tout en soutenant l’innovation dans la sphère crypto en Europe.
Modularisation : décomposition de la chaîne de valeur des services financiers, en produits/services ou groupes de produits/services de plus en plus « fins », entraînant une spécialisation accrue et la naissance de nouveaux modèles d’affaires : onboarding, paiement, scoring, recouvrement, support client, etc. Les fonctions ainsi décomposées en modules indépendants sont interconnectés via des interfaces standardisées (souvent des API), facilitant l’intégration, la réutilisation et l’évolution progressive des services.
N
Nano-crédit : prêt de très faible montant, généralement de court terme, souvent accordé via des canaux numériques de manière automatisée. Les nano-crédits sont utilisés pour répondre à des besoins financiers ponctuels ou d’urgence. Dans la plupart des économies émergentes, ils sont proposés par exemple via SMS ou mobile money, avec un processus d’approbation instantané utilisant un scoring basé sur les données alternatives de l’emprunteur, et remboursés généralement en quelques semaines.
Néobanque : banque entièrement numérique, généralement récente, qui opère principalement via une application mobile ou une plateforme en ligne sans agence physique. Les néobanques proposent des comptes courants, moyens de paiement et autres services bancaires de base à des tarifs compétitifs et avec une expérience utilisateur optimisée (inscription rapide, interface conviviale). Elles peuvent disposer de leur propre licence bancaire ou s’appuyer sur les licences d’une banque partenaire (BaaS).
NFC (Near Field Communication) communication en champ proche : Technologie de communication sans fil à très courte portée (quelques centimètres) permettant l’échange d’informations entre un terminal et un dispositif compatible lorsqu’ils sont proches l’un de l’autre. Le NFC est utilisé pour les paiements sans contact : en approchant une carte bancaire ou un téléphone mobile équipé d’une puce NFC d’un terminal de paiement, la transaction s’effectue instantanément et de manière sécurisée (les données sensibles étant souvent tokenisées). Cette technologie est à la base des paiements par smartphone (Apple Pay, Google Pay, etc.) et des cartes bancaires sans contact.
NFT (Non-Fungible Token) jeton non fongible : Type de crypto-actif représentant un objet numérique unique, authentifié grâce à la blockchain. Contrairement aux cryptomonnaies interchangeables entre elles, chaque NFT a une identité distincte et ne peut être échangé qu’entier (non fractionnable). Les NFT sont utilisés pour certifier la propriété ou l’authenticité d’actifs numériques ou physiques (œuvres d’art numériques, objets de collection, terrains virtuels dans le métavers, etc.), ouvrant de nouvelles possibilités de valorisation et d’échange de ces actifs sur des places de marché spécialisées.
O
Open Banking : Pratique bancaire consistant pour les banques à ouvrir, via des interfaces sécurisées (API), l’accès aux données de compte et aux fonctionnalités de paiement de leurs clients à des prestataires tiers agréés (TPP), avec le consentement explicite du client. L’open banking vise à stimuler la concurrence et l’innovation en permettant à des fintech de proposer des services complémentaires (agrégation de comptes, conseil financier personnalisé, initiation de paiements depuis un autre établissement, etc.), tout en donnant au client plus de contrôle sur ses données financières. Ce concept est porté par la réglementation (ex. DSP2 en Europe) dans de nombreux pays.
Open Finance : extension du concept d’open banking à l’ensemble des données et produits financiers. La finance ouverte vise à permettre, via des API et avec le consentement du client, le partage sécurisé de données non seulement bancaires mais aussi d’assurance, d’investissement, de retraite, etc. L’objectif est de favoriser l’émergence de services innovants donnant une vision financière globale aux utilisateurs (par exemple, une application qui agrège comptes bancaires et contrats d’assurance/vie), tout en garantissant la portabilité des données et la protection de la vie privée.
P
Paiement instantané (instant payment) : paiement électronique dont le traitement et le règlement interbancaire s’effectuent en temps réel ou quasi immédiat, généralement en quelques secondes, et ce 24 h/24 et 7 j/7. Les paiements instantanés créditent le bénéficiaire presque instantanément et sont irrévocables une fois effectués. Ils sont particulièrement utiles pour les transferts urgents et les paiements du quotidien.
Partenariat (fintech-banque) : Mode de collaboration où une fintech s’associe à une institution financière traditionnelle pour proposer un service. Plutôt que d’obtenir son propre agrément (licence), la fintech opère sous l’égide réglementaire et l’infrastructure de la banque partenaire. Ce partenariat technique permet à la fintech de lancer plus rapidement son produit tout en respectant les exigences (la banque gère la conformité, la tenue de compte, etc.), et à la banque d’innover en profitant de l’agilité technologique de la fintech. De nombreux modèles de services financiers numériques (cartes prépayées fintech, wallets, etc.) reposent sur de tels partenariats entre nouveaux entrants et banques/EME établis.
Plateforme : infrastructure numérique qui organise et se pose en intermédiaire des interactions entre fournisseurs et bénéficiaires de services, et qui intègre ou facilite des flux financiers, de données et de services, selon des règles et des interfaces standardisées. Il en découle un modèle économique , l’économie de plateforme (platform economy), où la la valeur n’est pas créée principalement par la production d’un service financier isolé, mais par (i) la mise en relation d’acteurs, (ii) les effets de réseau et (iii) l’exploitation combinée des paiements, de la donnée et des services annexes.
Portefeuille électronique (wallet) : application ou dispositif électronique qui stocke des informations de paiement ou de la monnaie électronique et permet à un utilisateur d’effectuer des transactions numériques. Un portefeuille électronique peut prendre la forme d’une application mobile ou d’un support physique comme une carte prépayée. Il permet de régler des achats en ligne ou en magasin, d’envoyer/recevoir de l’argent, sans devoir saisir à chaque fois ses coordonnées bancaires.
Prêt participatif (crowdlending) : Forme de financement participatif où une multitude de particuliers prête de l’argent à un emprunteur (entreprise ou individu) via une plateforme en ligne dédiée, en contrepartie d’un taux d’intérêt. Le prêt participatif, encadré par la réglementation, permet de désintermédier partiellement le crédit en connectant directement épargnants et emprunteurs. Il offre aux emprunteurs une source alternative de financement (souvent pour les PME ou projets personnels) et aux prêteurs l’opportunité de diversifier leurs placements. La plateforme assure la mise en relation, l’analyse du profil de crédit des projets et la gestion des contrats de prêt.
Protection des consommateurs : Ensemble des règles et bonnes pratiques visant à garantir que les clients des services financiers sont traités de manière équitable, informés de façon transparente et préservés contre les abus ou les risques excessifs. En matière de services financiers numériques, la protection des consommateurs couvre par exemple la clarté des tarifs (pas de frais cachés dans une application), la sécurité des fonds stockés dans un portefeuille électronique, la confidentialité des données personnelles, des recours efficaces en cas d’erreur ou de fraude, et l’éducation des usagers quant aux risques (surendettement avec le BNPL, les arnaques en ligne, etc.).
Q
QR Code (Quick Response Code) : Code-barres bidimensionnel en forme de carré, composé de modules noirs et blancs, qui peut être lu rapidement par la caméra d’un smartphone. Un QR code permet de stocker et transmettre de l’information (texte, URL, identifiant) de manière visuelle. Dans les services financiers, les QR codes sont largement utilisés pour les paiements : un commerçant affiche un code QR contenant ses coordonnées de paiement, que le client scanne avec son application bancaire ou mobile money pour initier automatiquement le paiement du montant dû. Cette méthode simple et peu coûteuse a été adoptée dans de nombreux pays en développement pour les paiements marchands numériques.
R
Règlement Général sur la Protection des Données (RGPD) : Règlement de l’Union européenne entré en vigueur en mai 2018 qui encadre la collecte, le stockage et le traitement des données personnelles. Le RGPD impose notamment aux entreprises (y compris dans la finance) de ne collecter que les données nécessaires, d’obtenir le consentement explicite des utilisateurs, de garantir la sécurité des données, et de respecter des droits renforcés pour les individus (droit d’accès, de rectification, d’oubli). Dans le contexte des services financiers numériques, le RGPD s’applique aux données des clients et utilisateurs (données bancaires, habitudes de paiement, données KYC, etc.), ce qui oblige les acteurs à adapter leurs systèmes et processus pour être en conformité sous peine de sanctions.
RegTech (Regulatory Technology) : Segment de la fintech dédié au développement de solutions technologiques aidant les entreprises financières à se conformer aux exigences réglementaires de manière plus efficace et automatisée. La RegTech propose par exemple des logiciels de surveillance des transactions (pour détecter le blanchiment), des plateformes de gestion et d’envoi des reportings réglementaires, des outils d’analyse qui intègrent les nouvelles règles (MiFID, FATCA, etc.) ou de vérification client (KYC automatisé). L’adoption de la RegTech vise à réduire le coût et le risque d’erreurs dans la conformité, face à un cadre réglementaire financier toujours plus complexe.
Request to Pay (demande de paiement) : Message ou service permettant à un bénéficiaire (par exemple un commerçant ou un créancier) d’inviter en temps réel un payeur à effectuer un paiement. Concrètement, un request to pay est une demande électronique transmise via une application ou une messagerie de paiement, contenant les détails du montant et du destinataire, que le payeur peut accepter ou refuser. Cette innovation facilite le recouvrement de paiements : elle sert par exemple aux factures où le prestataire envoie une requête que le client valide sur son smartphone plutôt que de devoir initier lui-même le virement. Le request to pay s’intègre souvent aux systèmes de paiement instantané pour permettre un règlement rapide une fois la demande approuvée.
Robo-conseiller (robo-advisor) : Plateforme numérique de conseil financier automatisé, utilisant des algorithmes pour fournir des recommandations d’investissement ou gérer un portefeuille avec une intervention humaine minimale. Un robo-conseiller élabore le profil de l’utilisateur (objectifs, aversion au risque) via un questionnaire en ligne, puis propose une allocation d’actifs optimisée et assure le suivi (rééquilibrages périodiques) de manière automatique. Ces services, souvent offerts par des fintech ou des banques en ligne, démocratisent la gestion de patrimoine en la rendant accessible avec de faibles montants et des frais réduits, bien que le conseil prodigué reste générique et dépend du modèle algorithmique.
S
Scoring de crédit score de solvabilité : Évaluation chiffrée du risque de crédit présenté par un emprunteur, calculée à l’aide d’un modèle statistique ou algorithmique. Traditionnellement, le scoring de crédit s’appuie sur l’historique financier de l’emprunteur (remboursement de prêts, incidents bancaires) pour prédire sa capacité à rembourser un nouveau crédit. Avec la finance numérique, des méthodes de scoring alternatif ont émergé, intégrant des données non conventionnelles (données comportementales provenant du mobile, des réseaux sociaux, des paiements, etc.) et des techniques d’intelligence artificielle pour évaluer des personnes sans historique bancaire formel. Un score élevé facilite l’obtention de crédit, alors qu’un score faible conduit souvent à un refus ou un taux d’intérêt majoré.
Signature électronique : Équivalent numérique d’une signature manuscrite, consistant en un mécanisme cryptographique garantissant l’authenticité et l’intégrité d’un document électronique ou d’une transaction. Une signature électronique avancée repose sur un certificat numérique lié au signataire : elle permet de vérifier que le document n’a pas été altéré et d’identifier formellement le signataire. Dans les services financiers, la signature électronique est utilisée pour signer à distance des contrats (ouverture de compte en ligne, souscription de prêt, assurance) avec une valeur légale, simplifiant les démarches sans compromis sur la sécurité juridique des engagements pris.
Stablecoin crypto-monnaie stable : Type de cryptomonnaie conçu pour maintenir une valeur stable dans le temps, généralement en l’adossant à un actif de référence. Un stablecoin peut être collatéralisé par des réserves (par exemple indexé sur une monnaie fiduciaire comme le dollar ou l’euro, à raison de 1 unité émise pour 1 unité en réserve), adossé à des matières premières (ex : or) ou stabilisé par un algorithme ajustant l’offre en fonction de la demande. L’intérêt des stablecoins est de combiner les avantages des actifs numériques (transferts rapides, pair-à-pair, sans frontières) avec une volatilité réduite, ce qui les rend attrayants pour les paiements et l’épargne en crypto.
Super app : Application mobile tout-en-un proposant une large palette de services appartenant à des domaines variés au sein d’une interface unifiée. Une super app combine souvent messagerie, réseau social, e-commerce, services de mobilité, livraison, et services financiers (paiements, transfert d’argent, assurance, mini-crédits) au sein du même écosystème. Le concept, popularisé en Asie (WeChat, Alipay, etc.), vise à garder l’utilisateur dans une seule application polyvalente pour la majorité de ses besoins quotidiens.
SupTech (Supervisory Technology) technologies de supervision : Usage des technologies innovantes par les autorités de supervision financière pour améliorer et automatiser leurs processus de contrôle. La SupTech englobe des outils permettant aux régulateurs et superviseurs (banque centrale, commission bancaire, etc.) de collecter plus efficacement des données auprès des institutions régulées, de surveiller en temps réel le respect des exigences réglementaires, d’analyser de grands volumes de données (par exemple via l’intelligence artificielle pour détecter des anomalies ou risques systémiques), et globalement de rendre la supervision plus proactive et précise.
Switch de paiement : Plateforme d’interconnexion centralisée reliant entre eux différents systèmes de paiement ou réseaux d’institutions, afin d’assurer l’aiguillage et l’échange des transactions de manière transparente. Un switch national ou régional de paiements permet par exemple qu’un ordre de transfert émis depuis le réseau d’une banque ou d’un opérateur aboutisse au bon destinataire chez un autre prestataire. Il joue un rôle clé dans l’interopérabilité des services, en traduisant et routant les messages de paiement entre participants, et en offrant éventuellement des services communs (compensation, annuaire des identifiants, etc.) facilitant l’intégration de tout l’écosystème de paiement.
T
Technologie de registre distribué (Distributed Ledger Technology, DLT) : famille de technologies de base de données réparties sur un réseau de nœuds (participants) où chaque nœud détient une copie synchronisée du registre et où les mises à jour se font par consensus entre les nœuds. La blockchain est un type particulier de DLT. Ces technologies permettent de garantir l’intégrité des données sans autorité centrale et sont à la base de nombreuses innovations en finance numérique.
Tokenisation : Processus de substitution d’une donnée sensible par un élément équivalent non sensible appelé jeton (token). En matière de paiements, la tokenisation consiste par exemple à remplacer le numéro réel d’une carte bancaire par une suite de caractères aléatoires (jeton) utilisée pour la transaction : ainsi, les marchands ou intermédiaires n’ont jamais connaissance des informations de carte du client, ce qui limite les risques en cas de fuite de données.
TPP (Tierce Partie Prestataire) : Dans le contexte de l’open banking, acteur tiers autorisé à proposer des services financiers en se connectant aux banques via des API. On distingue principalement deux types de TPP définis par la DSP2 : le PSIP (Prestataire de Service d’Initiation de Paiement, ou PISP en anglais) qui peut initier un paiement sur le compte bancaire du client (par exemple une app de paiement qui débite le compte de l’utilisateur pour un achat), et le PSIC (Prestataire de Service d’Information sur les Comptes, ou AISP) qui peut agréger les informations de différents comptes bancaires de l’utilisateur pour lui fournir une vision consolidée.
U
USSD (Unstructured Supplementary Service Data) : Protocole de communication court utilisé dans les réseaux mobiles 2G permettant d’échanger des informations textuelles instantanément entre un téléphone mobile et le serveur d’un opérateur, via des codes courts (ex : *100#). Très répandu en Afrique, l’USSD est le canal technique qui a permis le développement du mobile money et de nombreux services financiers sur des téléphones basiques sans Internet. Il présente l’avantage d’être accessible sur tout téléphone GSM et en tout lieu couvert par le réseau mobile, sans besoin de données mobiles ni d’application.